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On achève bien les martyrs

27/06/2007 à 07:21
Essaid n Ait Kaci
27/06/2007 à 07:21

Tizi Gheniff
On achève bien les martyrs

Tizi Gheniff, la plaque portant le nom du chahid “lieutenant Belaouche-Mohamed” qui pourtant n’a été apposée qu’à quelques mètres du siège de l’APC, a disparu depuis des lustres, sans qu’aucun responsable ne s’en émeuve encore moins l’OMM ou la multitude de fédérations des enfants de chouhada.

Alors qu’il y a à peine quelques mois, nous avions rapporté dans nos colonnes la disparition à Tizi Gheniff, au boulevard du 1er Novembre, de la stèle érigée à la mémoire des premiers moudjahiddine de la Révolution dans la nuit du premier novembre 1954, celle-ci avait fait sa réapparition quelques jours plus tard.

Cette manière de bien achever les martyrs de la glorieuse révolution armée ne semble pas s’arrêter-là d’autant plus que ceux qui sont en devoir de sauvegarder la mémoire collective s’occupent plus à s’assurer des rentes, et autres avantages au crépuscule de leurs vies.

Pour illustrer mes dires, ainsi, toujours à Tizi Gheniff, la plaque portant le nom du chahid “lieutenant Belaouche Mohamed” qui pourtant n’a été apposée qu’à quelques mètres du siège de l’APC, a disparu depuis des lustres, sans qu’aucun responsable ne s’en émeuve encore moins l’OMM ou la multitude de fédérations des enfants de chouhada. Pourtant, le lieutenant Belaouche Mohamed dit Si Moh Ouhadj avait vu le jour à Tafoughalt, relevant alors du douar M’kira le 13 décembre 1929, fils de Mohamed Ben Saïd et de Méchar Fatima.

Dans son enfance, il fut scolarisé à l’école coranique du village et acquiert un bon niveau d’instruction en arabe tout en apprenant plusieurs versets du Saint Coran.

Il milita tout d’abord au sein du PPA alors qu’il exerçait comme commerçant. Au déclenchement de la révolution, il a été dirigé avec d’autres militants du douar M’kira à Blida pour mener des actions dans la Mitidja au cours de cette historique nuit du 1er novembre 1954.

Courageux et dynamique il participa à plusieurs embuscades et batailles contre la soldatesque coloniale, ce qui lui avait permis de gravir des échelons jusqu’à atteindre le grade de lieutenant.

“Lors de l’embuscade d’Ichoukrane, près de Draâ El Mizan, sous la commandement de Akli Hamraoui, le chef de notre compagnie, le premier à tirer, était Belaouche Mohamed, avec son pistolet alors qu’il était déjà blessé à la main mais avait tenu à être de la partie”, se souvient M. Rabah Bendif, son compagnon de lutte.

Après la mort du Colonel Amirouche et celle de Ali Bennour, le 21 octobre 1959, le lieutenant Belaouche Mohamed quitte la wilaya III pour rejoindre la wilaya IV où il tombera au combat, les armes à la main le 24 octobre 1960 à 15 heures à Tazrou Nezhoua. Le “lieutenant Si Moh Oulhadj” était marié, sa femme l’a rejoint depuis quelques années et avait laissé une fille.



Essaïd N’Aït Kaci

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